L’EDITO

Bonjour à tous nos amis,

J’ai eu le plaisir de recevoir la plus belle lettre de ma vie :

« J’aime les rencontres superbement inattendues. Comme un nouveau copain de comptoir, avec une seule pompe, l’œil droit violet et une carcasse de brochet sur l’oreille, qui ne cause que du bruit des cigales à Pékin. « Ça chante pas comme à Québec j’peux t’dire mon pote, c’est un peu comme le chant d’un corsaire à Bornéo ! ». J’aime cette fissure éternelle sur le fond du barbecue de papy à Sainte Maxime et l’admirable fraise en guise de tarbouif chez Tonton Rene quand il causait d’aller défourailler les sœurs Sanchez ! Claude Wild je l’ai rencontré comme ça ! Comme ces poètes qui enchantent la vie ! Une fois j’y ai même mangé chez Guy Savoy avec le bide à l’air, à palabrer sur l’incommensurable absurdité des choses…tout en sauçant mes aïeux…et tout en vinassant ! Et il le sait que je crache pas sur le produit mon élégant ! Claude a 74 ans, il bande quand il entend Nicole Croisille ou les 29 février et nous parle du « tout à l’égout » comme on causerait d’un iPhone 10…il a connu mes idoles : Johnny, Sylvie, Eddy, Jacques…aujourd’hui Laurent Gerra, qui m’a donné l’envie de faire ce métier d’ailleurs lors d’un reportage sur lui, d’être sur les planches, sur les routes…et d’être un peu un troubadour-sociologue de bar…de mater des chaînes payantes dans un Ibis en caressant une Grimbergen ! Quand je suis avec mon Claude je suis en famille, ça sent Carmet, Gégé, Jean Yann, Audiard, Blier…Du coin de ses yeux qui pétillent encore de mille conneries, on se sent au chaud, chez soi, hors du temps ! C’est un producteur atypique, certains diront qu’il est « has-been » même…et au-delà des dictats de la jeunesse parfois imbécile comme disait Desproges, il y a bien au contraire une fraîcheur, une odeur de malice chez mon Claude…il est cette petite brise tahitienne qui caresse délicieusement les rouleaux les grands soirs de mousson…Avec mon Claude on va pas seulement vivre des choses, on va vivre, on va vivre…et ça c’est merveilleux ! Je t’aime fort mon mousson de canard…fier d’être à jamais uni à ta somptueuse connerie ! » – Chicandier